
Nous revenons à la charge et nous insistons : « Le mannequinât est un reflet, un miroir de la société ». Il est bon de mettre à nu tous les kongossas (cancans, ragots, médisances…) qui entachent cette activité pour le comprendre.
Attaquons la deuxième série de préjugés et kongossas : le pervertissement des jeunes par le mannequinât.
A entendre d’aucuns, le mannequinât provoque l’immoralité ou l’amoralité ; comme vous voulez. En le plagiant, il faudrait entendre par là, que quand les jeunes commencent le mannequinât se sont des saints, au mieux des anges. Le mannequinât les pervertirait pour en faire des drogués, prostitués, ivrognes et homosexuels. Tout ceci encouragé ou suscité par leurs responsables d’agences qui sont des proxénètes et qui abusent d’eux sexuellement.
Loin de moi de dire que le milieu du mannequinât ne connaît pas les drogues, prostitutions, ivresses de tous ordres et homosexualité ; mais il faut relativiser les choses…
Quand les jeunes sortent de leurs agences, ils sont des citoyens lambdas comme tout autre.
Les maux que l’on nous reproche visent toute la société et nombre de ceux qui les pratiquent ne sont pas mannequins. Nous ne les défendons pas, mais c’est un fait que la corruption des mœurs à Gabao n’est pas du seul ressort des mannequins. Comme dans toute notre société, il y a des brebis galeuses partout. Ceci est vrai aussi des responsables véreux ; mais avez-vous pensés aux parents qui placent eux-mêmes leurs enfants pour atténuer la précarité de leur vie quotidienne ? Avez-vous imaginés ceux qui voient le mannequinât comme un espace où ils pourront placer leurs enfants pour qu’ils ramènent le pain quotidien ? Avez-vous songés aux mannequins qui doivent se ''débrouiller'' pour payer leurs études ?
Les responsables d’agences auront toujours l’excuse qu’ils ne forcent personne. Celui qui veut être placé, le sera. De toute façon, avec ou sans responsable d'agence, nombreux sont les mannequins qui se placent tous seuls.
Nous nous insurgeons contre ces pratiques ; mais celui qui regarde la paille dans l’œil du voisin, devrait se préoccuper de la poutre qui est dans la sienne.
Il n’y a pas de statistiques pour nous contredire ou nous donner tort ; mais si l’on adhère à la prémisse selon laquelle : « Le mannequinât est un reflet, un miroir de la société », les proportions doivent être approximativement les mêmes dans notre société.
La dépravation et la débauche des mœurs sont un fait de société. Chacun doit d’abord la combattre dans sa maison. Comme pour l’école ou l’université, l’agence est un auxiliaire des parents, autorités administratives et politiques. Chacun doit prendre ses responsabilités pour dénoncer et condamner toutes ces pratiques perverses qui minent cette jeunesse.
Le responsable d’agence ne peut rien contre le désoeuvrement des jeunes, dans une société où il manque des espaces de loisirs. Il est aussi impuissant face à la précarité sociale et économique qui mine les familles dans un pays en voie de développement.
Au passage nous savons tous qui sont les principaux débaucheurs de la jeunesse dans notre pays. Ne faisons pas les autruches et ne cherchons pas de boucs émissaires trop faciles. Sinon nous n’aurons pas fait œuvre utile.
Si nous ne voulons plus nous complaire dans le kongossa, commençons par moraliser la vie sociale. Le mannequinât suivra par la force des choses…
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